LES TOILES (le châssis, suite)

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LES TOILES (le châssis, suite)

LES TOILES (le châssis, suite)

I’emploi de la toile comme support de la peinture remonte à l’Ancienne Egypte, mais les débuts de son utilisation comme support indépendant ne datent que du XVe siècle, la toile devenant alors le support pictural le plus utilisé.

La toile est un tissu confectionné avec des fibres textiles, formé d’une série de fils parallèles disposés perpendiculairement aux premiers. Les fibres textiles peuvent être naturelles ou synthétiques. Les fibres naturelles sont d’origine végétale (lin, coton, jute, chanvre, etc. …) ou animale (soie ou laine principalement), les premières étant celles qui ont été le plus fréquemment utilisées dans toute l’histoire de la peinture.

MATIERES

Nous vous présentons ci-après les principaux matériaux entrant traditionnellement dans la confection des toiles utilisées comme supports picturaux. Il convient de souligner qu’il existe aujourd’hui de nombreuses fibres artificielles qui, mélangées aux fibres naturelles peuvent faire partie de la composition de certaines toiles à peindre.

Coton

C’est la fibre qui recouvre la graine du cotonnier, une plante du genre Gossipium, herbacée ou arborescente, qui peut atteindre de 1 à 2 mètres de haut. Suivant l’espèce cultivée, le matériau qui en résulte (la fibre de coton) peut varier en couleur, brillance, toucher, élasticité et taille. Le coton est formé en grande partie de cellulose et il est très hygroscopique, réagissant rapidement à un excès d’humidité ; les fibres gonflent et en se contractant, engendrent des forces mécaniques qui provoquent le rétrécissement du tissu. Le coton est résistant aux mites, aux acides, mais extrêmement vulnérable aux champignons, et facilement inflammable.

La fibre du coton présente une structure caractéristique qui la rend facile à identifier quand on l’observe au microscope ; elle ressemble à un ruban vrillé, avec de fines parois et un canal central.

Lin

Le lin (linum usitattissimum bulgare) est une plante de la famille es linacées, à écorce fibreuse et fleurs bleues; les fibres textiles que l’on obtient par macération des tiges, mesurent de 6 à 60 centimètres de long et de 0,012 à 0,026 mn de large ? et sont constituées presque exclusivement de cellulose. Les fibres de lin, bien que très fines, sont plus résistantes que celles du coton, mais peu élastiques et peu flexibles. Avec la graine on fabrique de l’huile de lin. Le lin est facilement identifiable au microscope, ses fibres présentant des nœuds disposés à intervalles réguliers.

Chanvre

Le chanvre (cannabis sativa) est une plante de la famille des cannabinacées. Les fibres textiles s’obtiennent, comme pour le lin, par macération des tiges. Elles sont très solides, tenaces et brillantes et leur teinte varie du jaune clair au jaune très foncé. Leur aspect est plus grossier que celui des fibres de lin, mais elles sont plus solides et plus durables que celles du coton. Le chanvre peut être identifié aisément au microscope, car ses fibres sont groupées et cylindriques, avec des cloisons transversales et des extrémités aplaties.

Soie

C’est un filament qui se forme lorsqu’une substance visqueuse secrétée par le ver à soie (bombyx mori) se solidifie au contact de l’air et qui constitue la matière du cocon à l’intérieur duquel le ver accomplit sa métamorphose. Un cocon donne un fil de 400 à 1500 mètres de long. Le fil de soie est composé d’une protéine (fibrine) se présentant sous forme de filaments unis par une autre protéine, la séricine, qui s’élimine par cuisson. La soie est un matériau très résistant et facile à teinter, mais qui se fragilise avec le temps. De plus elle est vulnérable aux attaques des insectes et micro-organismes, et extrêmement sensible à la lumière. Elle se décompose à 170°.

Les fibres exemptes de séricine sont facilement identifiables, car elles se présentent sous forme de paires de filaments cylindriques très fins.

Laine

C’est le poil de certaines espèces animales qui, après tonte, lavage, séchage, dégraissage, blanchiment, teinture, cardage et filage, s’emploie comme fil à tisser. Les fibres de la laine, composées en grande partie de protéines très élastiques très élastiques, mais peu résistantes, sont les plus hygroscopiques de toutes celles qui sont employées dans la confection de tissus. Leurs dimensions varient entre 20 et 25 microns de diamètre et 55 à 150 mm de long. La laine peut s’identifier aisément au microscope, car les fibres présentent des écailles caractéristiques.

Les matériaux les plus employés pour la fabrication des toiles à tableaux sont ceux qui proviennent du règne végétal, c’est-à-dire le lin, le coton et le chanvre. La dégradation et les détériorations dont souffrent les toiles d’origine végétale sont dues en grande partie aux propriétés de la cellulose qu’elles contiennent. La cellulose vieillit, à savoir s’oxyde en présence d’oxygène, absorbe l’énergie des radiations, ce qui favorise la détérioration des fibres et l’apparition de réactions photochimiques ou leur accélération. Elle peut être attaquée par les acides provenant de la pollution atmosphérique, favorise le développement de micro-organismes, est sensible à la traction mécanique et est très hygroscopique.

2017-08-15T21:33:48+00:00 mai 10th, 2016|Art, Peintures|