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LE CHASSIS

LE CHASSIS

Il est indispensable que le restaurateur ait une connaissance globale de l’œuvre. Il doit connaître chacune des parties qui la composent pour pouvoir analyser, déterminer et mettre en œuvre à bon escient chaque étape de restauration. Le châssis, généralement en bois, sert de support à la toile peinte, formant l’armature qui la soutient et sur laquelle elle est fixée. C’est donc dire son importance : toute altération ou modification du châssis peut donner lieu à l’apparition d’éventuelles dégradations sur la toile et/ou la couche picturale.

La toile est le support sur lequel est appliquée la couche picturale, ce qui explique que toute altération ou problème la concernant affectera directement cette dernière.

DEFINITION DU CHASSIS

Le châssis est une armature sur laquelle est fixée de façon permanente la toile peinte. Cette armature est, dans la plupart des cas en bois, bien qu’il existe aussi des châssis alliant bois et métal, entièrement métalliques ou en méthacrylate. Le choix de l’un ou l’autre de ces matériaux dépend du type de l’œuvre, de son époque et de sa région d’origine, de son état, et des nécessités ultérieures de sa conservation.

Le châssis est constitué de montants habituellement en bois, coupés selon le profil adéquat, qui s’assemblent pour former une armature, sur la tranche ou le revers de laquelle est fixée la toile à l’aide de pointes, de semences ou d’agrafes.

CHASSIS FIXES

Jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, on employait des châssis fixes. Ces châssis étaient confectionnés par assemblage de montants à l’aide de clous, de tenons et mortaises ou de chevilles. Ce sont donc des châssis fixes, non réglables qui ne permettent pas de détendre ou de tendre la toile, entraînant des problèmes pour sa conservation et celle de la couche picturale. Si la toile du tableau se détend, elle peut former des plis et des ondulations.

Pour y remédier, il est nécessaire de démonter le châssis et de retendre la toile avec les conséquences que cela implique pour la structure du support et la couche picturale. Parfois, on confie au restaurateur des tableaux à châssis fixe qui ont été transformés en châssis à clés. Ces châssis ont été modifiés par la suppression des chevilles ou des tenons et adaptés pour être réglables.

CHASSIS MOBILES OU REGLABLES

C’est durant la seconde moitié du XVIIIe siècle que sont apparus les premiers châssis dits mobiles, réglables ou à clés. Ils sont en général formés de quatre montants dont les assemblages sans colle sont munis de clés. Les clés sont des pièces de bois, de forme triangulaire, assez minces, que l’on enfonce dans les rainures des montants.

Le serrage ou desserrage des clés permet d’ouvrir ou de fermer chaque assemblage, ou de détendre ou tendre ainsi la toile en fonction des besoins. Les clés sont insérées par percussion ou simple pression sur la partie interne des assemblages, dans les rainures, à raison d’une par montant.

Les anciens châssis mobiles ou réglables peuvent comporter divers systèmes d’emboîtement, et la disposition des clés peut donc varier. En outre, tant les châssis fixes que les châssis mobiles peuvent présenter des déficiences techniques au niveau des emboîtements (fente de clés de taille réduite) ainsi qu’au niveau des montants, ce qui influe directement sur la conservation de la toile et de la couche picturale.

Les défauts d’emboîtement des assemblages peuvent donner lieu à des plis, dans les angles et sur l’ensemble de la toile. En général, les anciens montants sont taillés à angle droit et présentent tous des arêtes vives, non arrondies ou chanfreinées, qui peuvent marquer la toile, voire provoquer sa déchirure, au niveau de sa pliure sur l’arête supérieure du chant des montants, quand la toile est fixée sur le montant du châssis, ou sur l’arrête inférieure de ce chant, quand la toile est fixée sur le revers.

Les châssis fabriqués aujourd’hui éliminent ce problème. Ils sont confectionnés avec des montants dont les arrêtes externes, recouvertes par la toile, sont chanfreinées, adoucies, voire comportent une moulure arrondie.Suivant l’assemblage des montants on parle de châssis de type français ou espagnol.

CHASSIS DE TYPE FRANÇAIS

Les châssis à la française sont réalisés à l’aide de montants assemblés à 45°.

CHASSIS DE TYPE ESPAGNOL

Ces châssis sont formés de montants assemblés par tenons et mortaise avec un angle de 90°. En général, les châssis sont rectangulaires, bien que l’on en trouve d’autres formes : carrés, ovales (assez fréquent) ou ronds. Les châssis de grande dimension comportent le plus souvent une traverse centrale qui en améliore la stabilité et la rigidité.

AUTRES CHASSIS

De nouveaux types de châssis ont été mis au point récemment. Ce sont des châssis dont les montants sont unis par un système de vis ou écrous et de ressorts, qui permet de tendre la toile à la perfection. Ce système d’assemblage élimine tout risque de vibrations au moment de fixer la toile comme c’est le cas quand on enfonce les clés. On trouve aussi des châssis métalliques provisoires servant à tendre les toiles en cours de restauration et pouvant se démonter au niveau des angles.

Certains travaux de restauration peuvent requérir l’emploi de châssis spéciaux répondant aux besoins spécifiques de l’œuvre. Ainsi, pour les tableaux réversibles, dont l’envers est également peint, on peut employer un châssis en méthacrylate.

2017-08-15T21:33:49+00:00mai 9th, 2016|Art, Peintures|